2014 Programme espagnol

 Not’en Bulles et Sul Fiato

Programme espagnol 18 juin 2014

Eglise Saint Christophe de Javel

O Magnum Mysterium Tomás Luis de Victoria Sul Fiato, direction Éric Darrigrand

Música para un Codice Salmantino Joaquín Rodrigo Sul Fiato, direction Matthieu Cabanès

Soliste : Cédric Le Barbier

Los Paraguas de Buenos Aires Astor Piazzolla Not’en Bulles, direction Matthieu Cabanès

Riquirran Air traditionnel du Vénézuela Not’en Bulles, direction Éric Darrigrand

Misa Criolla Ariel Ramírez Not’en Bulles et Sul Fiato, direction Éric Darrigrand

Solistes : Matthieu Cabanès et Augustin Bore Mondan

Accompagnement : Piano : Suzanna Cazadieu

Guitare : Dario Mandracchia

Percussions : Vincent Tchernia

Contrebasse : Guillaume Pagnon

 

 

Œuvres et compositeurs Le compositeur Tomás Luis de Victoria domine la musique espagnole du XVIe siècle comme le Greco, son exact contemporain, surclasse la peinture ibérique de son temps. Le parallèle s’impose entre ces deux esprits religieux au mysticisme ardent. Né vers 1548, Tomás Luis de Victoria est un prêtre catholique, compositeur, maître de chapelle et organiste. Il fut le plus célèbre polyphoniste de la Renaissance espagnole. Il commence ses études musicales à l’âge de 10 ans avec le plain-chant, le contrepoint et la composition, s'exerçant également à la pratique du clavier. Pendant un séjour à Rome, il suit l’enseignement de Palestrina. La leçon polyphonique que l'Espagnol en retient se concilie avec son sens à vif de l'expression — âpre, ascétique, et néanmoins colorée et chaleureuse. En 1596, il est nommé chapelain et maître de chœur du couvent royal des clarisses déchaussées à Madrid, où vivait, retirée, la fille de Charles Quint, l'impératrice Marie d'Autriche (veuve de l'empereur Maximilien II et sœur de Philippe II), et exerça les mêmes fonctions auprès de sa fille Margarita à partir de 1603. Il refuse alors toutes les offres qu’il reçut des cathédrales espagnoles les plus importantes. Il composa 20 messes et 44 motets (courte composition musicale apparue au XIIIe siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, écrite à partir d'un texte religieux ou profane), dont le magnifique et épuré O Magnum Mysterium. C'est au seuil de sa vie, en 1603, que Victoria composa l’un de ses chefs d'œuvre, l’Officium defunctorum à six voix, écrit pour la messe des funérailles de l'impératrice Marie. Victoria s’éteignit à Madrid le 27 août 1611. Né en 1902 en Espagne, Joaquín Rodrigo devint aveugle à l'âge de 3 ans des suites de la diphtérie. Élève de Paul Dukas à Paris en 1927, il épouse en 1933 la pianiste Victoria Kamhi et se fixe à Madrid en 1939. La reconnaissance vient en 1940 avec le succès de son premier concerto pour guitare, le célèbre « Concierto de Aranjuez ». Tout en composant de nombreuses œuvres, il mène une carrière de critique musical. Il laisse 170 compositions, dont 11 concertos, de nombreuses œuvres chorales et orchestrales, 60 chansons, des pièces pour piano et pour guitare. Música para un codice salmantino a été composée en 1953 à la demande du gouvernement espagnol pour commémorer le 700e anniversaire de l’Université de Salamanque, l’une des plus anciennes du monde occidental, là même où Christophe Colomb présenta son projet de nouvelle route des Indes. Rodrigo choisit de mettre en musique « Oda a Salamanca », poème écrit par le poète et philosophe espagnol Miguel de Unamuno, lui-même très attaché à la ville. Né en 1921 en Argentine, Astor Piazzolla, bandonéoniste et compositeur, est pour le tango le musicien le plus important et le plus populaire de la seconde moitié du XXe siècle. Dès l’âge de 17 ans, il décide de devenir musicien professionnel et s’installe à Buenos Aires, où il forme son premier ensemble, Cuarteto Azul. Après l'époque difficile des années 30, pendant laquelle ses compatriotes font l’expérience amère de la pauvreté et de la misère, l'Argentine devient, au début des années 1940, l’un des pays les plus riches du monde. Les dancings se multiplient, de même que les orchestres de tango qui se comptent par milliers dans la capitale. Astor épouse en 1942 Dédé Wolff, avec qui il aura deux enfants. Avec son orchestre, il joue ses propres compositions. Ses créations détonnent par rapport à la conception du tango à l'époque. En 1954, il part à Paris étudier la composition et la direction d'orchestre. Écoutant beaucoup de jazz, il recherche son propre style et travaille sans relâche. De retour à Buenos Aires (1957), Astor s'entoure des meilleurs solistes et donne une couleur "plus moderne" à son orchestre en y intégrant une guitare électrique. Il fonde un nouvel ensemble, le Quinteto Nuevo Tango en 1960. Pendant les dix années suivantes, il écrit la majorité de son œuvre: Milonga, La Muerte... Musicien et interprète fabuleux, sa musique se détache du tango populaire. Astor Piazzolla n’aura de cesse de poursuivre sa quête personnelle. Il cherche à associer le tango et la musique sophistiquée, à travailler la structure de celle-ci avec la passion du tango. En 1970, il intègre la batterie dans ses compositions. Quinteto remporte un énorme succès international. Il écrit des musiques de films, concertos, quatuors... Astor Piazzolla, décédé en 1992 à Buenos Aires, qualifie son tango de tango nouveau et libéré. Son opus comprend plus de 1000 œuvres. Composée en 1964, la Misa Criolla mêle liturgie et musique traditionnelle sud-américaine. Chantée en espagnol, elle s’inspire des rythmes et des mélodies du pays natal d’Ariel Ramírez, l’Argentine. Admirée et saluée par les critiques et le public du monde entier, l’œuvre témoigne de la force des musiques populaires dans l’expression des valeurs et de la foi religieuses. Créée en 1965 en Argentine, la pièce part en tournée européenne en 1967, tournée qui s’achève au Vatican par une audition privée devant le pape Paul VI. Ses enregistrements discographiques se sont vendus à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. Le Kyrie, qui ouvre la Misa Criolla, reprend les rythmes de la visala-baguala, style musical qui évoque le sentiment de solitude des habitants des hauts plateaux désertiques du nord de l’Argentine. Les rythmes du Gloria, le carnavalito, proviennent de la même région mais témoignent du sentiment d’exultation propre à cette partie de la liturgie. Les deux sections du Gloria sont séparées par un récitatif (Yaravi), qui ravive encore le côté brillant du carnavalito. La chacerera trunca, musique populaire originaire de la région centrale de l’Argentine, donne au Credo toute sa substance. Son rythme obsessionnel scande la profession de foi jusqu’aux toutes dernières paroles de la prière, qui redit le triomphe de la vie éternelle. Pour le Sanctus, Ramírez s’est inspiré d’un style populaire bolivien d’une grande beauté quoiqu’assez peu connu, le carnaval cochabambino aux rythmes subtils mais bien marqués. L’Agnus Dei emprunte au style typique des pampas (estilo pampeano) pour susciter, comme dans le Kyrie, un sentiment de solitude et d’éloignement. Le récitatif exprime l’aspiration universelle à la paix. Né en 1921 à Santa Fé, Ariel Ramírez fut un improvisateur de génie. Doué d'une mémoire phénoménale, il était une bibliothèque vivante des thèmes du folklore argentin et des peuples indiens. Il jouait ainsi des nuits entières des airs qu'il harmonisait et qu'il variait avec une aisance stupéfiante. Ariel Ramirez était l'un des grands de la musique latino-américaine, enracinée dans une tradition née au début du XXe siècle, quand la musique érudite s'en fut chercher son identité dans le folklore né du métissage, noir, indigène, européen. Comme en Europe, Bartok, Kodaly, Enesco et Janacek le feront dans les mêmes années. A partir de 1943, Ramirez remporte un beau succès d'interprète, notamment comme pianiste à Radio El Mundo. S'il connaît parfaitement les mécanismes de la création populaire, les structures rythmiques, l'esprit et le langage mélodique de ce folklore argentin nourri des croisements entre musiques indigènes, corpus hispanique et semi-érudit, il continue ses études classiques, de piano et de composition, notamment au conservatoire national. En 1950, Ariel Ramirez s'installe à Rome et se produit dans les grandes capitales européennes. En 1955, il revient en Argentine et met en place la Compagnie de folklore Ariel Ramirez où il travaille, en les sublimant, les expressions chantées et dansées de l'Argentine rurale. Ariel Ramirez publie une série d'albums qui illustrent cette démarche d'enrichissement et de mise en ordre du répertoire traditionnel. Il a ainsi composé plus de trois cents chansons, notamment avec Felix Luna, avec qui il a créé quelques-uns des plus beaux titres de la musique argentine contemporaine, comme Alfonsina y el Mar, interprétée par Mercedes Sosa. Ariel Ramirez s’est éteint en 2010, à l’âge de 88 ans, hélas sans avoir édité les nombreuses pièces qu’il jouait de mémoire.

Chœur « NOT’EN BULLES » Formations musicales Fondée en 2006 par un petit groupe de choristes, Not'en Bulles puise ses origines dans la convivialité, la fraîcheur et le goût certain du chant ! Gravitant sans cesse dans un registre allant du classique liturgique à la variété française et internationale, Not'en Bulles cherche chaque année à offrir des représentations de qualité afin de réunir les choristes et leur public autour d’œuvres, tantôt chaleureuses et envoûtantes, tantôt surprenantes et amusantes !

Ensemble vocal « SUL FIATO » Créé en juin 2012, l’ensemble vocal Sul Fiato regroupe des chanteurs amateurs et professionnels. Les choristes travaillent leurs partitions individuellement et se retrouvent une fois par mois. L’objectif du chœur est de présenter deux ou trois programmes par an. Le fonctionnement de l’ensemble repose sur le sérieux de chacun, un bon niveau de solfège et une bonne technique vocale.

Retrouvez-nous sur http://www.sulfiato.fr/. N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour nous rejoindre. 

Matthieu CABANES, direction artistique (Sul Fiato) Matthieu Cabanès étudie le chant au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il obtient son diplôme supérieur de fin d’étude. Riche de son expérience de membre permanent du chœur de Radio France, Matthieu Cabanès dirige depuis 15 ans divers ensemble vocaux. Il débute la direction aux Petits chanteurs de St Laurent de 1998 à 2001, avant de diriger l’ensemble vocal de voix d’homme « Pastorem » de 1999 à 2005 (300 concerts). Il est Maître de chapelle de Saint-Thomas d’Aquin et de Notre-Dame d’Auteuil depuis 2003. Matthieu Cabanès prépare depuis 2009 le chœur du festival « Autour des cordes » de Figeac chaque été. Et c’est en 2012 enfin qu’il crée l’ensemble vocal SUL FIATO, constitué de chanteurs et lecteurs de bon niveau.

L’ensemble vocal SUL FIATO a notamment travaillé en collaboration avec l’orchestre Bernard Thomas en 2013. Matthieu Cabanès prépare également des chanteurs à des concerts plus médiatiques, comme « Star Wars en concert » au Palais Omnisport de Paris Bercy. Le CNR de Paris le sollicite aux côtés de Jean Sourisse et Pierre Calmelet pour constituer le jury d’examen de chef de chœur. Éric DARRIGRAND, chef d’orchestre (Not’en Bulles) A l’issue d’un cursus au Conservatoire National de Région de Dijon, Eric Darrigrand obtient, à l’unanimité du jury, la Médaille d’Or de direction d’orchestre. Il est également titulaire d’une Maîtrise en Musicologie. C’est auprès de Denis Rouger, alors chef de chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris et Maître de chapelle de l’église de la Madeleine, qu’Eric Darrigrand se perfectionne dans la direction de chœur. En 1999, il prend la direction de l’Orchestre Symphonique Francilien et donne, durant cinq ans, une trentaine d’œuvres à Paris et en province. Régulièrement invité à la tête d’orchestres français et étrangers, il a dirigé près de 60 symphonies, concertos, œuvres de concert, partitions lyriques et créations parmi lesquels celles et ceux de son répertoire de prédilection : Mozart, Debussy, Poulenc, Brahms et Beethoven. Il est l’auteur de plusieurs œuvres allant de la musique symphonique à la musique de chambre. Il créé des opus et un opéra. Directeur musical de l’ensemble Donna Musica depuis 2004, il a été chef associé de l’Orchestre Bernard Thomas en 2013.

Suzanna CAZADIEU, piano Née à Vérone en Italie, Susanna Orsolato Cazadieu obtient en 1986 le Premier prix de piano au Conservatoire National de Musique de Vérone, en Italie. Pianiste-répétiteur et aide-régisseur à la mise en scène des opéras “La Wally” (Mantoue, 1987) et “La figlia di Iorio” (Brescia, 1988), elle est cofondatrice du groupe “Setticlavio” pour lequel elle adapte les airs d’opérette les plus célèbres du répertoire et se produit dans plusieurs villes d’Italie. Installée à Paris depuis 1992, elle est pianiste accompagnatrice du Conservatoire dans les classes de chant de Guy Chauvet et Yves Parmentier. Depuis 2008, elle accompagne au piano le spectacle pour enfants « La cabane des Animaux ». Elle donne régulièrement des concerts avec la soprano Claire Maupetit dont « La voix amoureuse » en 2010, « La folle journée d’Hélène » en 2011 et participe à un deuxième spectacle jeune public «L’Analphabar » en 2013.