Te Deum  Marc Antoine Charpentier

Marc-Antoine Charpentier est un compositeur français né à Paris en 1643 et mort dans cette même ville le 24 février 1704.

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CharpentierIl a composé des oeuvres sacrées telles que des oratorios, des messes, des psaumes, un magnificat et le célèbre Te Deum, dont le prélude est depuis cinquante ans l'hymne de l'Eurovision... et du Tournoi des six nations ! Il a également composé plusieurs opéras, des sonates, préludes pour orchestre, des noëls instrumentaux. En tout 28 livres avec plus de 500 ?uvres que Charpentier a pris soin de copier et de classer lui-même. La moitié de son ?uvre environ a été enregistrée.

Le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier

Marc-Antoine Charpentier considère la tonalité en ré majeur comme « lumineuse et guerrière". L'introduction instrumentale, en forme de rondo, précède le premier verset chanté par la basse seule. Le chœur et les autres solistes se joignent à elle progressivement. Charpentier semble avoir voulu orchestrer la pièce selon l'exégèse traditionnelle du texte latin. Cependant le chœur prédomine dans la première partie (verset 1-10, louanges à Dieu, dimension céleste), et les solistes dans la seconde partie (verset 10-20, partie christologique, dimension séculière). Dans les versets suivants, nos. 21-25, les solistes et le chœur alternent et le verset final est une grande fugue pour chœur avec un court trio de solistes dans son milieu.

La pièce comporte les parties suivantes :

Prélude (Marche en rondeau)
Te Deum laudamus (basse solo)
Te aeternum Patrem (chœur et solo SSAT)
Pleni sunt coeli et terra (chœur)
Te per orbem terrarum (trio, ATB)
Tu devicto mortis aculeo (chœur, basse solo)
Te ergo quaesumus (soprano solo)
Aeterna fac cum sanctis tuis (chœur)
Dignare, Domine (duo, SB)
Fiat misericordia tua (trio, SSB)
In te, Domine, speravi (chœur avec trio ATB)

 

Michel-Richard de Lalande ( 1657 - 1726)

est un musicien français qui a composé, pour le roi Louis XIV, essentiellement de la musique religieuse (des motets inspirés de textes latins tirés des Psaumes) mais aussi des divertissements, des pastorales et des ballets.

delalandeÀ la suite de Lully, Du Mont, Charpentier, et avec Couperin, Campra, Grigny, Desmarest, Rameau et Leclair, il incarne le baroque musical français.

Ses compositions religieuses annoncent les cantates de Bach et ses chœurs les oratorios de Haendel.

Il est le maître du grand motet français. Sa renommée perdurera jusqu’aux approches de la Révolution grâce, notamment, à des exécutions au Concert Spirituel des Tuileries.

À partir de la mort de Louis XIV en septembre 1715, Delalande s'emploie à améliorer ses œuvres, notamment celles de sa jeunesse, sans toutefois jamais autoriser la publication de ses motets. En 1726, il est atteint d'une fluxion de poitrine. En dépit d'espérances de guérison, il décède le 18 juin 1726. Il est enterré à l'église Notre-Dame de Versailles3.

De Profundis

Dans cette oeuvre DELALANDE met en musique le psaume 130 (129 dans la numérotation grecque), qui est souvent nommé par ses premiers mots en latin "De profundis". C'est le sixième psaume pénitentiel. Dans la tradition de l'Église catholique romaine, il fait partie des prières pour les morts: il est récité lors de l'enterrement. Il fait aussi partie des quinze cantiques des montées (cantiques des degrés).

De tous ses motets, le De Profundis et le Te Deum sont considérés comme les plus beaux. Ils sont si travaillés qu'on les appelle quelquefois cantates, plutôt que motets. Le De Profundis est tiré du Psaume 129 et comprend en plus deux versets de l' «Introït» et du «Graduel» de la messe de Requiem, ce qui explique qu'on le chante à l'Office des morts. On ne peut dire quand il fut composé, puisque tous les motets de LALANDE furent publiés ensemble après la mort du compositeur. On admet que les oeuvres les plus parfaites de forme, comme le De Profundis, doivent être placées parmi les compositions de la maturité.

L'oeuvre commence par une introduction grave et méditative jouée par les cordes. Le baryton solo expose le premier verset du psaume, qui est repris par le choeur. C'est un exemple typique de la technique de LALANDE que l'alternance de puissantes explosions chorales avec les faibles et presque timides chants en écho des deux sopranos sur le mot «exaudi». Le second verset, «Fiant aures tua», débute par une courte fugue des cordes seules. Il est ensuite attaqué, puis développé, par l'ensemble des solistes. «Si iniquitates observaveris» se présente sous la forme d'un bref aria pour baryton solo accompagné par l'orgue. Il y a comme une émouvante légèreté (on est tenté de dire: de la gaité) dans le «Quia apud te propitiatio» pour orgue, cordes et l'ensemble des solistes.

Le verset suivant, «Sustinuit anima mea», est un récitatif suivi d'un trio. Le récitatif est en réalité un aria pour soprano, hautbois et basse continue. Il conduit à un trio basé sur les mêmes éléments. Une formule semblable est employée pour le «A custodia matutina» qui est d'abord un aria pour ténor et se poursuit sous forme d'un dialogue entre le choeur et les sopranos solos. Dans le «Quia apud Dominum», LALANDE introduit une flûte obligée avec le ténor solo. Le psaume se termine dans un puissant déploiement du choeur, d'une grande complexité contrapuntique. Les différentes voix solos s'y entrelacent avecbeaucoup de clarté.

A la fin de ce choeur se produit un brusque effet de contraste, lorsque les voix s'arrêtent soudain et que, sans transition ni interruption, les cordes jouent une grave et sombre introduction pour le «Requiem aeternam». La musique reprend ici les premières mesures du motet, mais sous des couleurs plus sombres et avec beaucoup plus d'intensité. Le choeur fait doucement son entrée, on ne le distingue tout d'abord presque pas des cordes. L'impression de puissance qui se dégage progressivement de ces pages magnifiques leur donne une portée et une ampleur qu'on ne peut trouver que dans les oeuvres chorales les mieux écrites.

Le De Profundis se termine par une fugue brève et rapide du choeur sur les mots «et lux perpetua luceat eis».

Ce motet possède au plus haut degré la dignité rayonnante propre à l'art de LALANDE. En dehors même de sa portée historique, il mérite par ses qualités intrinsèques d'être placé sur le même plan que les précieuses cantates de BACH et l'oeuvre liturgique de VIVALDI.[...]"